ATHOS Grand Est : Un phare dans les nuits vosgiennes.

COMPRENDRE LE DISPOSITIF : QU’EST-CE QU’Athos ?

Avant de pénétrer dans l’intimité de la maison vosgienne, il convient de définir ce qu’est ce programme unique.
Le dispositif Athos, mis en place en 2021,est opéré par l’IGESA (Institution de Gestion Sociale des Armées). Il est actuellement composé de six maisons d’accueil non médicalisées, réparties sur le territoire national : près de Bordeaux, à Toulon, en Savoie, en Bretagne, dans le Lauragais et dans le Grand Est.

Dédié spécifiquement à l’accompagnement des militaires et anciens combattants reconnus blessés psychiques en lien avec le service par le Service de Santé des Armées (SSA), sa vocation est d’accompagner le blessé sur son parcours de reconstruction personnelle, sociale et professionnelle.
Le mot d’ordre est sans équivoque: placer le blessé au centre de son parcours et de sa reconstruction.
Au 3 octobre 2025, plus de 580 blessés des armées ont déjà bénéficié de cet accompagnement.

Le voyage vers la reconstruction commence souvent sur le quai de la gare de Colmar. C’est ici que s’opère la première rupture avec un quotidien souvent devenu oppressant. À peine le véhicule de l’équipe encadrante quitte t-il l’agglomération que le paysage se transforme. On s’enfonce dans le calme rural du Haut-Rhin, serpentant sur des routes départementales qui grimpent vers l’apaisement au détour d’un chemin bucolique.
Discrètement campée sur les hauteurs boisées de Fréland, la Maison Athos Grand Est se dévoile. C’est une grande bâtisse à la «force tranquille», une sentinelle de bois et de pierre aux larges balustrades et volets massifs. Elle impose une sérénité immédiate, tel un grand chalet montagnard prêt à offrir l’asile au coin du feu. Ne me manquait que la neige pour parfaire ma vision !
Dans la lumière de saison, les forêts environnantes se baignent de couleurs ocres, et le murmure d’un ruisseau voisin invite à la marche. Ici, l’air m’est plus pur ; c’est une véritable bulle d’oxygène conçue pour offrir un répit aux souffrances de l’âme.

confie-t-il. Après avoir servi au sein de l’Institution, mettre son expérience au service de ses camarades blessés donne un sens humain à son choix de transition professionnelle. Un choix sans nul doute non hasardeux.
Il est épaulé par Anne, directrice adjointe dont le parcours dans les ONG apporte une vision structurée et humaniste. Elle est la «gardienne du temple», veillant à l’organisation du programme de réhabilitation. À leurs côtés, Johanna, accompagnatrice, transfuge de la Maison de Bordeaux, connaît sa mission de guide :

Derrière la chaleur de l’accueil, l’intégration au dispositif reste soumise à des critères précis. Le Commandant
Bonjour, le Chef de bataillon Thierry, chef de la cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre de la zone Nord-Est (CABAT/ZT N-E), rappelle que le volontariat est la clé de voûte.

Le pivot reste le SSA. Le chef de bataillon Thierry insiste :

Néanmoins, Éric Valent précise «qu’en dehors des décisions prises par la commission trimestrielle, un médecin psychiatre militaire peut tout à fait nous adresser un blessé sans attendre la tenue de la prochaine CPS2R. Le SSA reste l’acteur incontournable pour une intégration au dispositif Athos.»

L’enjeu du dispositif est aussi l’accueil des vétérans, ces anciens militaires qui déclarent parfois un traumatisme des années après avoir quitté les rangs. Muriel, directrice départementale de l’ONaCVG du Haut-Rhin, explique :

Il me parait important de poser la question s’agissant de nos vétérans celle de leur accompagnement afin de leur permettre l’accès au dispositif Athos ?
Ce à quoi, Muriel directrice départementale de l’ONaVG du Haut-Rhin me répond de manière très précise :

Eric Valent précise toutefois une difficulté :

Chaque mardi, la Maison se transforme en carrefour de coordination. La CABAT, l’Action Sociale des Armées (ASA), l’ONaCVG et Défense Mobilité se retrouvent tous à la Maison, en lien étroit avec nos blessés. Christine, ASA/antenne d’action sociale de Colmar souligne l’importance de cette proximité :

rappelle Anne, directrice adjointe. Néanmoins,

L’immersion se termine sur le moment le plus convivial : le repas. Attablés à une grande table conviviale, tous participent au dressage et à la cuisine.
En participant à la vie de la maison, le blessé retrouve confiance en soi. Préparation du repas, activités sportives, jardinage, sorties culturelles… tout vise à restaurer l’estime de soi. Comme le souligne Johanna, accompagnatrice :

Le dispositif repose sur trois piliers: bienveillance, autonomie et pairaidance. Entouré de pairs ayant traversé des expériences similaires, le blessé se sent compris, légitimé et
soutenu. Une dynamique qui favorise l’expression de soi, une marche importante sur le chemin de la reconstruction. Car comme le souligne Eric Valent, Directeur,

Et puis, Anne, directrice adjointe d’ajouter :

Cette “vie d’après” qui explique aussi la présence de Jacques, chef de l’antenne Défense mobilité de Meyenheim. Son rôle est d’accompagner le blessé dans sa projection professionnelle. Le conseiller, l’orienter sur une activité professionnelle tout en assurant un suivi pérenne sur les actions de formation, de stage voire de postulat en cours

Des espaces lumineux aux tons pastel, une bibliothèque, un espace terrasse à ciel ouvert, des ateliers de travaux manuels… Tout à Fréland est conçu pour permettre une reconstruction à la hauteur des sacrifices de la blessure psychique consentie par nos soldats.
Je repars de cette immersion empreinte de fierté et tant d’espoirs pour nos blessés de l’âme.
Athos Grand Est n’est pas un lieu de vacances, c’est une étape de reconstruction vitale pour transformer son passé en une force personnelle et collective.
Depuis mon immersion en Février dernier, ce sont vingt-deux de nos fils blessés qui ont franchi le seuil de la Maison Grand Est pour une escale fraternelle avec pour seul objectif, celui de repartir “droit devant”.
Dans ces montagnes vosgiennes, la vieille devise prend tout son relief :

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